Le 30 avril, les équipes d’Alt Impact (ADEME, Inria, CNRS) ont réuni une diversité d’acteurs de l’écosystème numérique : chercheurs, institutions, associations, entreprises, pour une journée d’échanges et de travail collectif.
Objectif : prendre un temps pour partager, réfléchir ensemble… et faire avancer les sujets autour du numérique et de son impact.
Prendre du recul sur le numérique
Deux interventions sont venues ouvrir la journée et nourrir la réflexion.
Le sociologue Sébastien Shulz a posé une question centrale :
Le numérique peut-il vraiment contribuer à transformer notre modèle de société ?
Les technologies numériques s’inscrivent dans des visions de la transition écologique souvent antagonistes : entre technosolutionnisme et approches low-tech, entre logique de croissance et sobriété, entre optimisation des ressources et justice environnementale.
À travers des exemples concrets, il a montré que les approches par la sobriété, les mobilisations citoyennes et la science environnementale constituent des approches complémentaires pour dépasser les limites des logiques reposant uniquement sur l’optimisation.
De son côté, le biologiste Olivier Hamant nous invite à changer de boussole :
plutôt que de chercher toujours plus de performance, au risque de fragiliser notre société, il propose de privilégier la robustesse, autrement dit notre capacité à faire face aux crises et aux imprévus.
Un changement de perspective, qui ouvre de nouvelles voies d’action et de réflexion.
Des ateliers pour croiser les regards
Au-delà des conférences, la journée a surtout été un temps de travail et de réflexions partagées.
Lors d’ateliers, les participants ont :
- partagé leurs retours d’expérience,
- identifié ce qui fonctionne… et ce qui bloque pour actionner la sobriété numérique,
- fait émerger des priorités pour les travaux à venir
Chercheurs, collectivités, entreprises, associations et acteurs de terrain ont croisé leurs regards et leurs expertises. L’objectif : faire émerger des sujets de travail communs, où la diversité des approches peut nourrir de nouvelles façons d’agir et de transformer les pratiques.
Une parenthèse plus légère mais loin d’être anodine
Parmi les moments marquants : un éloge funèbre aux objets électroniques improbables aujourd’hui disparus. Un moment décalé, mais aussi l’occasion de s’interroger sur la façon – parfois déconcertante- dont le numérique intègre nos modes de vie.
Ce qu’on retient de cette journée
Cette journée a surtout permis de mettre les choses à plat : ce qui fonctionne et ce qui manque pour avancer. Elle montre que les idées et l’envie de travailler ensemble sont là, mais que les conditions pour que ça dure restent à construire.
Un temps utile pour se dire les choses franchement et repartir avec une vision plus claire de ce qu’il reste à faire.